Voilà un réalisateur que j’ai découvert lors du festival “Machines expérimentales” qui s’est déroulé en mars 2011 à Bordeaux.
Lors d’une soirée où il était présent, deux de ses films ont été projeté : “Bologna Central” et “Enterring Indifference”.
C’est de ce dernier que je vais parler car il m’a particulièrement touché.
Une petite fiche technique tout d’abord, ça ne peut pas faire de mal :
France, 2001, Beta SP, couleur, 28’
Réalisation : Vincent Dieutre
Image – Son : Vincent Dieutre
Montage : Vincent Dieutre, Isabelle Ingold
Production : GREC, Vincent Dieutre
Distribution : Documentaire sur Grand Ecran Distribution
Il vous sera probablement difficile de voir ce film, alors il faudra vous contenter de me croire sur parole.
La structure de film est simple. Des images de chicago sous le froid qui défilent et une voix off qui nous parle. Ou plutôt qui se parle à elle même. Une sorte de lettre de l’auteur à celui qui a été son amant, ou plutôt le monologue intérieur qu’il construit en pensant à lui.
Les images choisies retranscrivent froidement les paysages rencontrés par Vincent Dieutre lors d’un voyage qu’il a effectué seul à Chicago. Des rues au trafic intense, de la neige qui tombe, des gens qui passent dans une allée, la fenêtre de ce qu’on devine etre une chambre d’hotel. Des images modestes, pauvres, sans fard mais qui résonnent d’une façon particulière avec la voix du cinéaste.
” L’empire me somme de jouir du déplacement, de voir du pays, de faire les continents ; je serai ainsi plus déplacé encore, plus flexible, offert. J’ai tant aimé voyager avec toi. Le voyage c’était toi. C’était nous faire voire ailleurs, indifféremment, dans le repli centrifuge et satistfait du couple. Dorénavent, je n’aime pas aller là où je n’ai rien à faire. Il me faut des lieux, des paysages, des villes qui résonnent.”
Une atmosphère particulière se dégage de ce film très intime. Un spleen retranscrit avec une simplicité et une éfficacité déconcertante. Sa réflexion très sincère sur le voyage et la solitude fait mouche. Les mots sont touchants.
Vincent Dieutre introduit son film :
“Il fait extrêmement froid. Ce sont les derniers jours du dernier hiver du XXe siècle. Je suis à Chicago pour un festival, mais également pour réfléchir, savoir où j’en suis avec l’autre. Avec le monde aussi ; là-bas, tout ce qui mine notre quotidien s’exacerbe ; amourette, neige et oubli, ma lettre est la chronique de cet « hiver de l’amour », le relevé instable de ce gel du réel. Bienvenue dans l’indifférence.”
source : http://www.pointligneplan.com/vincent-dieutre-entering-indifference
