août 29, 2011

EVOL

Ne me demandez pas comment j’ai entendu parler de cet artiste, le fait est qu’une note trône sur mon bureau depuis des mois “faire un article sur Evol”.

Voici donc un aperçu du travail de cet artiste allemand (basé à Berlin pour info) .

Initié au street art via le graph, Evol, lorsqu’il illustre, a un style graphique qui correspond à ce qu’on attendrait de quelqu’un du milieu. N’y voyez aucune critique négative, je salue son talent.

Mais ce qui m’intéresse sont plutôt ses installations in situ. Un projet en particulier lui a valu de se faire remarquer. Sobrement intitulé “Buildings”, il consiste en une transformation de compteurs électriques et éléments urbains parallélépipèdes en tout genre grâce à des posters papier. Un dessin original réalisé à coup de pochoir et de bombe, une photocopieuse, de la colle, et hop, notre bon vieux compteur se transforme en barre d’immeuble HLM (ou son équivalent allemand).

Nuremberg, 2005

Nuremberg, 2005

EVOL, 2011 – dans une prairie quelque part près d’Hamburg.

Un  autre de ses projets “spaces for rent” se moque de la recrudescence d’espaces publicitaires en ville. Un ensemble de photos d’objets laissé à l’abandon ou de déchets sur lesquels l’artiste appose la phrase “espace publicitaire à louer”

Ces dernières années, on peut retrouver son travail dans certaines galeries européennes. Une déclinaison intéressante de son travail sur carton :

EVOL, “DRESDEN 09″, 2010
Spray paint on cardboard, 61 x 76 cm

Je vous invite bien évidement à en voir plus sur son site : http://www.evoltaste.com/

août 15, 2011

Vincent Dieutre – Entering indifference

Voilà un réalisateur que j’ai découvert lors du festival “Machines expérimentales” qui s’est déroulé en mars 2011 à Bordeaux.

Lors d’une soirée où il était présent, deux de ses films ont été projeté : “Bologna Central” et “Enterring Indifference”.

C’est de ce dernier que je vais parler car il m’a particulièrement touché.
Une petite fiche technique tout d’abord, ça ne peut pas faire de mal :
  France, 2001, Beta SP, couleur, 28’
Réalisation : Vincent Dieutre
Image – Son : Vincent Dieutre
Montage : Vincent Dieutre, Isabelle Ingold
Production : GREC, Vincent Dieutre
Distribution : Documentaire sur Grand Ecran Distribution

Il vous sera probablement difficile de voir ce film, alors il faudra vous contenter de me croire sur parole.
La structure de film est simple. Des images de chicago sous le froid qui défilent et une voix off qui nous parle. Ou plutôt qui se parle à elle même. Une sorte de lettre de l’auteur à celui qui a été son amant, ou plutôt le monologue intérieur qu’il construit en pensant à lui.

Les images choisies retranscrivent froidement les paysages rencontrés par Vincent Dieutre lors d’un voyage qu’il a effectué seul à Chicago. Des rues au trafic intense, de la neige qui tombe, des gens qui passent dans une allée, la fenêtre de ce qu’on devine etre une chambre d’hotel. Des images modestes, pauvres, sans fard mais qui résonnent d’une façon particulière avec la voix du cinéaste.

” L’empire me somme de jouir du déplacement, de voir du pays, de faire les continents ; je serai ainsi plus déplacé encore, plus flexible, offert. J’ai tant aimé voyager avec toi. Le voyage c’était toi. C’était nous faire voire ailleurs, indifféremment, dans le repli centrifuge et satistfait du couple. Dorénavent, je n’aime pas aller là où je n’ai rien à faire. Il me faut des lieux, des paysages, des villes qui résonnent.”

Une atmosphère particulière se dégage de ce film très intime. Un spleen retranscrit avec une simplicité et une éfficacité déconcertante. Sa réflexion très sincère sur le voyage et la solitude fait mouche. Les mots sont touchants.

Vincent Dieutre introduit son film :
“Il fait extrêmement froid. Ce sont les derniers jours du dernier hiver du XXe siècle. Je suis à Chicago pour un festival, mais également pour réfléchir, savoir où j’en suis avec l’autre. Avec le monde aussi ; là-bas, tout ce qui mine notre quotidien s’exacerbe ; amourette, neige et oubli, ma lettre est la chronique de cet « hiver de l’amour », le relevé instable de ce gel du réel. Bienvenue dans l’indifférence.”
source : http://www.pointligneplan.com/vincent-dieutre-entering-indifference

août 15, 2011

Des ponts et de bonnes idées.

Je profite de tomber sur le site du concours Solar park South pour vous parler de quelques idées architecturales concernant les ponts qui ont retenu mon attention.

Tout d’abord il y a donc les lauréats de ce concours, lancé par la région de Calabre en Sicile. http://www.newitalianblood.com/solarparksouth/

L’appel à projet concerne l’autostrada del sole, viaduc construit dans les années 70 et qui a donc besoin d’une petite restauration. La construction se trouve dans une gorge verdoyante et offre un paysage magnifique (vue sur les colines et sur la côte), d’où l’enjeu intéressant de faire de ce site un lieu touristique autant qu’un ouvrage respectueux de son environnement.

Commencont par le troisième lauréat, le groupe colombien J-A (composé de daniel azuero, tomas jaramillo, andres gutierrez, juan jaramillo) qui propose une sorte de parc éducatif ayant pour mission de sensibiliser les visiteurs à la cause écologique.

Ce projet prend des airs de serre géante dans laquelle il serait donc possible de faire pousser un parc à la végétation riche et variée. La parti haute de l’autoroute proposerait elle un dispositif férroviaire en plus de la route déjà existante.

Mon coup de coeur – et le projet qui retient l’attention d’un plus grand nombre d’internaute - a obtenu le deuxième prix, et est proposé par une agence italienne ”Coffice” (francesco colarossi, giovanna saracino, luisa saracino) 

Il se focalise sur la production d’énergie en intégrant au nouveau design du viaduc 26 éoliennes et 20km de panneaux solaire (d’après leurs estimations, l’électricité produite pourrait à l’année couvrir les besoins de 15.000 foyers).

Une des voies de l’ancienne autoroute se verrait aménagée en promenade verte, tandis que la deuxième garderait sa fonction première. Le tout forme un ensemble que je trouve particulièrement élégant et original.

Les premiers de la classe proposent eux un pont qui privilégie un impact visuel sur le paysage moindre. Projet concocté par le groupe français “Pr+off” (philippe rizzotti, vermet tanguy, manal rachdi, samuel nageotte).

La particularité du pont est qu’il abriterait un ensemble d’habitations, centres médicaux et magasins construits autour de ses piliers.

Une idée brillante que j’avais déjà rencontré en parcourant une exposition sur le groupe d’architectes danois BIG (pour Bjarke Ingels Group) qui en plus d’avoir un site web particulièrement choupinet (http://www.big.dk/), a des idées brillantes.

Voilà donc quelques images d’un projet (non retenu) pour la ville de Copenhague (et en somme applicable dans toutes les grandes villes européennes traversées d’un fleuve). Le point fort de cette proposition est qu’un pont abritant de nouveaux appartements rendrait un double service à la ville. A la fois offrir beaucoup de place pour de nouveaux logement en plein centre ville, ce qui n’est jamais une mince affaire, et améliorer le trafic routier par la simple présence dudit pont.

Dernier détail : grâce aux promotteurs immobiliers, ce pont ne coûterait pratiquement rien à la ville… c’est pas beau ça?

J’ajouterai d’autres exemples de ponts particulièrement interessant au fil de mes découvertes, en attendant si vous avez quelque chose à partager concernant le sujet, n’hésitez pas !

et en bonus… une mauvaise idée …

novembre 4, 2010

Jeremy Geddes

http://www.jeremygeddesart.com/

Les oeuvres de Jeremy Geddes sont assez impressionnantes. Jetez donc un coup d’oeil à son site qui contient une bonne sélection de ses peintures à l’huile mais assez peu d’informations sur lui.

En cherchant un peu on découvre qu’il est australien (travaille à Melbourne). Il se consacre la peinture depuis les 7 dernières années et a été auparavant développeur de jeux vidéos.

Il a commencé par des toiles assez sombres, centrées sur des personnages qui semblent tout droit sortis d’un thriller (voir d’un film d’horreur).

Puis plus récemment, il a produit une série de tableaux reprenant la figure d’un cosmonaute en apesanteur dans des paysages souvent urbains et désertiques. Ces travaux, toujours aussi troublants de réalisme, nous emmène dans un univers différent que celui des premières toiles. Plus subtile et plus ambiguë, l’atmosphère qui se dégage de l’image oscille entre sérénité et horreur, entre le calme de ce cosmonaute qui flotte doucement et un perturbant petit goût de post-apocalypse.

Jeremy Geddes reste ouvert sur le pourquoi de ses toiles. Voici un extrait d’une interview conduite par un certain Brian Sherwin où l’artiste explique qu’il choisi délibérément de garder cette liberté d’interprétation de ses oeuvres, au risque de quiproquos.

“Conveying an explicit meaning without resorting to didactic narrative cliches is almost impossible. If you wish to have any form of subtlety in you your work, you have to accept that it comes with the cost of potential misinterpretation. Meaning for any particular viewer will only be partly informed by the painting, and predominantly informed be the viewers past experiences, and personal narrative associations formed over the course of their life. It’s been my experience that viewers will see the broad outlines of a painting at first, begin to construct a narrative that fits their world view, and then selectively ignore details of the painting that conflict with this constructed narrative. So if you construct an image with a narrative, or message that conforms to standard belief, say a moral lesson, the chances that your painting will be correctly interpreted are high, but if you’re attempting a dissident narrative you’re going to struggle to convey that explicitly.”

“If you accept this as a painter, then you realise that your ability to convey any sort of exacting message through your images is severely limited. I try to set up questions, hopefully ones that spark a cognitive dissonance in the viewer.”

août 6, 2010

L’homme à la caméra – Dziga Vertov

Wiki’speech :
L’Homme à la caméra (Chelovek s kinoapparatom, Человек с киноаппаратом) est un film soviétique réalisé par Dziga Vertov (Denis Kaufman de son vrai nom) en 1929. Tourné à Odessa et d’autre villes soviétiques, le synopsis de ce film muet repose sur le quotidien de ses habitants, du matin au soir, explorant toutes les facettes du travail, des loisirs, de la ville.

Le film est célèbre surtout par son approche très éclatée, la musicalité de son montage (pour un film muet), les nombreuses techniques cinématographiques utilisées (surimpression, superposition, accéléré, ralenti, etc). Il est aussi célèbre pour sa mise en abyme (le film dans le film) : on suit l’opérateur tournant le film, on montre le montage d’une séquence de ce film et une autre scène présente un public regardant l’Homme à la caméra sur grand écran… Il illustre la théorie du cinéma de Vertov : le Ciné-oeil.

Mais au moment de sa sortie il n’a pas fait l’unanimité. Eisenstein qualifie ces images de « coq-à-l’âne formalistes et de pitreries gratuites dans l’emploi de la caméra”

L’esthétique du film est fortement marquée par les mouvements d’avant-garde de l’époque, principalement par le constructivisme. C’est un film tout à la fois documentaire et expérimental. On peut le considérer comme un manifeste de la recherche esthétique du cinéma d’avant-garde soviétique, encore indemne des contraintes artistiques que subiront par la suite les artistes d’URSS.

Merci à Simionetta Cargioli m’avoir fait découvrir ce film.

Ici un article de Romain Le Vern pour éclairer un peu plus vos lanternes :

http://www.excessif.com/cinema/actu-cinema/dossiers/le-coin-du-cinephile-l-homme-a-la-camera-dziga-vertov-4986013-760.html

juin 2, 2010

Maude Maris

Espace mental, projection, construction.
Maude Maris

Ma peinture est un acte de lissage, de disparition des détails, engendrant une perte des repères d’échelle et déterminant un espace possible à toutes les tailles. L’architecture devient maquette, manière de voir d’au-dessus, de regarder globalement le monde. La question de l’échelle est reliée à celle du « faux », mes tableaux contiennent cette régularité suspecte qui met en doute notre lecture de l’espace représenté.
Rendre l’espace presque abstrait, le mettre en doute pour en chercher la structure, mieux en voir l’ossature, y mettre de la distance comme si on regardait un plan pour trouver son chemin.
Maisons en destruction, dont la mise à nu laisse entrevoir les pièces béantes et désormais inhabitées.
prise de conscience de la globalité de l’espace dans lequel on se trouve, de notre place en son intérieur, de ses proportions. Comme l’enfant ne peut concevoir l’ensemble d’une maison qu’en en voyant toutes les pièces en même temps, ouvertes sur l’extérieur, il dessine alors la sienne sans façade.
Communauté secrète des pièces, leur signification se dévoile dans l’insertion à un ensemble.
Exploration des enchevêtrements.
« l’Art de la mémoire » ou comment les orateurs romains choisissaient un lieu, se formaient des images (loci et imagines) et les rangeaient dans les différentes pièces de ce lieu pour se remémorer un discours ou une plaidoirie ; comme une alternative à l’écriture : « les lieux sont les tablettes de cire sur lesquelles on écrit, les images sont les lettres qu’on y trace ». manière d’ordonner sa pensée et ses modes de réprésentation.
Espace mental, projection, construction.
Construire un espace, une perspective, un point de vue sur la peinture.

source : http://maudemaris.com/spip/index.php

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juin 2, 2010

Richard Estes

Richard Estes (né le 14 mai 1936 à Kewanee dans l’Illinois) est un peintre américain. Il est le principal représentant de l’Hyperréalisme aux côtés de Chuck Close, Ralph Goings, Malcolm Morley et Audrey Flack, dont il se distingue par l’aspect baroque et volontairement virtuose de ses compositions, jouant sur les reflets de toutes sortes et la fragmentation géométrique de l’espace (vues de vitrines, de cabines téléphoniques…).

juin 2, 2010

Regis Perray

Les constats de Regis Perray…

Les matelas :

Les bennes :

mai 27, 2010

Francis Alÿs

Architecte de profession, Francis Alys vit à Mexico depuis les années 80. Sa posture d’exilé lui inspire une série de gestes visant à infiltrer les flux de cette ville, dont le centre historique est souvent qualifié de “territoire de l’incurie” en raison du désordre et de la dégradation de son tissu urbain.
En touriste éclairé, Francis Alys fait de la marche une discipline artistique lui permettant de révéler la résistance minimale qu’opposent ses habitants aux structures de contrôle et d’uniformisation de la ville. Il collecte ainsi, par l’errance et la déambulation, les éléments d’une mémoire visuelle qui privilégie les images de la précarité. C’est pourquoi la figure du marginal l’intéresse, qu’il soit sans-abri ou chien errant.
Ce diaporama en montre pêle-mêle quatre-vingt, dormant sur le trottoir, photographiés au ras du sol. Ce point de vue singulier rend flou le bitume et accentue la netteté des corps , modifiant légèrement nos échelles et perspectives habituelles. L’artiste en appelle ainsi à “une pratique d’interprétation active par le public, chargé de donner à l’oeuvre son sens et sa valeur sociale.
Marianne Drouin.

Sleepers II 1997-2002

“Sometimes doing something leads to nothing”

mai 27, 2010

Ernest Pignon Ernest

Biographie sur wikipédia

Hanté par les ombres de Nagasaki et d’Hiroshima, il a apposé des images peintes, dessinées, sérigraphiées sur du papier fragile, sur les murs des cités, dans des cabines téléphoniques, qui se fondent dans l’architecture urbaine, sont acceptées par les populations qui les défendent même de leur dégradation lente (Naples). Les témoignages photographiques accentuent cette fusion et en gardent les traces. Ernest Pignon-Ernest dénonce l’art construit pour les musées et expositions.

Ernest Pignon-Ernest décrit lui-même son œuvre comme une manière de saisir l’essence d’un lieu. Il puise dans l’histoire du lieu, les souvenirs, mais aussi la lumière, l’espace. Puis, il vient y inscrire une image élaborée dans son atelier. Cette image est généralement le dessin d’une représentation humaine à l’échelle 1, reproduite par sérigraphie. Ernest Pignon-Ernest installe lui-même son œuvre in situ, durant la nuit. Nourri par un héritage culturel mêlant chrétien et païen, Ernest Pignon-Ernest n’hésite pas à s’inspirer et à citer les œuvres du Caravage (comme lors de son travail dans les rues de Naples).

Pour se différencier d’Édouard Pignon (les mêmes initiales portèrent à la confusion lors d’une même exposition entre eux deux), il redoubla son prénom derrière son nom.

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